Domaine de la Cibellyne

Benoit Royer

Les vignes pentues surplombant Mesnay sont dures à travailler au tracteur... La jument de Benoit ne tasse pas le sol, tourne plus facilement que le tracteur, communique plus, aussi, et pollue quand même moins !
Sur les bouteilles de la Cibellyne cette brave bête est à l’honneur. Et les vins qui y reposent sont d’une pureté rarement atteinte, du Chardonnay-Savagnin à la cuvée 100% Savagnin ouillé "Les Asters", au nez envoûtant...

 

Si vous rencontrez, creusant son sillon dans les marnes rouges d’un contrefort du Jura, un barbu robuste, lunettes et casquette, sa charrue à bras derrière un cheval, ne vous pincez pas d’abord.

Ensuite, goûtez son vin.

C’est que vous êtes sur la parcelle Bas du Puits, en Arbois. Belle vue, bon maître, beau flacon.

La terre est belle en Jura. Le fer lui donne des couleurs : rouge, bleu, gris. Des falaises s’affalent en éboulis sur les hauts, c’est idéal, et à La Mesnée, la vallée s’étire bonhomme, nord-sud.

Benoit Royer existe, et c’est pas plus mal. Le domaine de la Cibellyne, depuis 2004, offre une production au volume modeste en agriculture biologique, avec des rendements limités (vingt hectolitres à l’hectare, ça dépend du bon vouloir de la plante), élaborée selon des principes naturels rigoureux. La nature, affranchie, devient partenaire. C’est comme ça que Benoit travaille. Vu la bonne forme de Kigali, la petite femelle de trait, crinière beige et poil brun, du cru évidemment, et la qualité du vin, on se dit que personne ne perd au change. Elle le comprend, lui comprend bien le terrain, vous comprenez son sourire de mieux en mieux ; on est en bonne intelligence.

On conçoit que Benoit ouille ses fûts. L’oxydation ne doit pas masquer le terroir, sauf exception évidente. Du coup, son Savagnin Les Asters, en Côtes du Jura, délivre un parfum auquel on n’était pas habitué et qui drope joliment l’imaginaire. Et ce n’est pas une raison pour oublier vin jaune -mais patience, il est encore sous voile. C’est toujours l’exception. On peut aussi utiliser le Chardonnay dans des assemblages élégants. Faire croquer les Trousseau et Poulsard.

Il y a une variété et une puissance évidentes en Jura. Des cascades, des hivers froids, des étés exubérants, de la pierre, des forêts profondes, le musc des cerfs, un souvenir des glaciers. Benoit Royer devait rêver de prendre tout ça dans ses bras pour en faire un parfum, et comme il a de la suite dans les idées, c’est ce qu’il fait. Naturellement.

 

 

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Arbois rouge 2008
Arbois blanc 2007
Côtes du Jura 2007
Côtes du Jura "Les Asters" 2006